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bonjour et bienvenue,
Voilà, le mode d'emploi de mon blog, je ne compte plus à l'avenir vous faire part de mes états d'âme (quoiqu'on verra), mais le but initial, principal et total de ce blog est de vous utiliser comme cobbayes (dans un premier temps), et si vous appréciez le traitement comme lecteurs assidus et pourquoi pas (il est encore temps de rêver) comme fans inconditionnels ;)
Sonia R
Ce matin là, elle a touillé son café comme chaque matin sous son regard amoureux.
Un de ces gestes qu’il aime tellement observer, qu’elle a répété chaque jour pendant les 7 années qu’ils ont partagées. Puis ,elle a passé la main dans ses cheveux, et en se regardant dans le miroir elle s’est plainte de sa mine trop fatiguée, elle est partie prendre sa douche, est sortie en courant, la serviette nouée autours des hanches comme l’aurait fait un homme, a attrapé une jupe, qu’il lui avait offerte l’an dernier et un chemisier qu’il aime tout particulièrement, elle s’est maquillée rapidement, car comme chaque jour, elle est en retard, elle a filé en lui déposant un rapide baiser sur le front, même si elle sait qu’il déteste ça, car un matin sur deux il part avec une belle trace de rouge et ne s’en aperçoit que dans l’ascenseur du boulot.’
Pourquoi ressasse-t-il cette matinée plus qu’une autre ? Croit-il vraiment qu’il y trouvera l’amorce de ce qu’il a vu ce soir, qu’il va enfin comprendre pourquoi il est là assis au milieu d’un salon qui n’est plus du tout un lieu familier.
Ce réveil n’était en rien différent de tous les matins de leur vie.
Le soleil brillait, la radio passait les mêmes tubes que la veille. Il n’a ressenti en lui aucune alerte, lui qui est si attentif aux détails, il n’a rien vu.
Peut être qu’il faut remonter plus loin, hier soir, à son retour, elle était déjà à la maison en train de préparer un diner plus délicieux qu’à l’ordinaire, peut être que finalement c’était un signe qu’il n’a pas su voir.
Mais non, il faut remonter encore, ca fait plusieurs semaines que les diners sont encore meilleurs les uns que les autres, elle prépare à manger, sourit, rit, ne proteste jamais du choix du programme télé, et ne fait pas la moue s’il est trop fatigué pour lui faire l’amour ou pour sortir ce soir encore.
D’ailleurs, ça fait combien de temps qu’il ne lui a pas fait l’amour, il ne s’en souvient plus… ça ne semblait pas si important que cela il y a quelques heures, il lui avait semblé qu’elle s’était simplement habituée.
Mais il aurait dû se douter, comment avait-elle pu s’habituer, elle qui avait passé tant de temps à lui reprocher son manque d’enthousiasme en matière de sexe.
Etait-ce de sa faute à lui s’il était fait comme ca ?
Non, bien entendu que non, son père était comme lui et sa mère n’avait jamais rien dit, elle trouvait même cela plus simple, après tout, ils n’avaient pas de problème de contraception eux, comme tous ces animaux qui se reproduisent tant et si bien qu’ils ne savent plus quoi faire de leur progéniture et puis ne dit-on pas que les femmes ont un appétit sexuel moins important que les hommes.
Ces dernières semaines, elle semblait enfin accepter la situation, ses sourires et sa bienveillance l’avaient aveuglé. Il n’avait plus été attentif aux signes. Elle s’habillait avec plus d’attention, il avait pensé qu’elle tentait une autre manière pour le ramener sous les draps, il avait pris encore plus de distance de peur d’être obligé de la satisfaire, mais s’était relâché quand il avait remarqué qu’elle ne tentait plus rien.
Toutes ces attentions ne lui étaient déjà plus destinées, elle n’avait pas eu la patience d’attendre qu’il aille mieux, qu’ils soient en vacances pour se retrouver tous les deux. Elle n’avait pas eu l’honnêteté, la droiture de lui rester fidèle. Elle n’avait même pas cherché à se justifier.
Mais depuis quand cela durait-il ?
Voila la seule question qu’il ne parvenait pas à chasser de son esprit, il est trop tard pour le lui demander, elle n’aurait rien lâché de toutes façons, elle n’a rien nié quand il l’a trouvé là chez lui dans les bras d’un autre, elle ne semblait même pas avoir honte, elle semblait attendre que cela arrive.
C’est sûr, elle avait voulu tout ce qui venait de se passer, elle était seule responsable, elle avait été malhonnête, elle avait menti, trahi et maintenant elle ne pouvait s’en prendre qu’à elle-même.
Elle s’était vautrée dans les bras de cet inconnu, dans sa propre maison, elle l’avait souillé, il était obligé de purifier son « chez lui », il avait été contraint par elle, et par elle seule, à purifier par le sang son foyer, son honneur… et cela ne pouvait être qu’avec son sang à elle, l'autre n’est rien qu’un dommage collatéral.
C’est elle qui a tout gâché, c’est elle qui était nue contre ce corps nu, qui n’était pas le sien. Il ne se souvenait pas que le corps ait eu un visage, même avant qu’il l’efface avec un couteau. Il était obligé d’effacer ce visage, il devait laver l’affront et le visage le regardait. Le visage était immobile et le regardait, il le jugeait. Mais de quel droit ? De quel droit le visage le jugeait-il, ce visage dont le corps avait souillé sa femme. Ce visage ne pouvait se juger que lui-même, il était celui qui avait fauté. C’est lui qui s’était vautré dans le lit d’un autre avec la femme d’un autre.
Mais peu importe le visage et le corps, ils ont disparu, il ne reste qu’elle.
Elle, sans son cœur, bien sûr, ce cœur lui appartenait à lui, il l’avait repris, il ne battrait plus pour personne d’autre, il n’accélérerait plus sous la pression d’un autre corps, il ne serait plus soulever par la moindre pensée impure, il était maintenant à sa place entre ses mains. Son cœur était chaud et cela lui procurait un sentiment de sécurité et enfin de pouvoir absolue, cette chaleur haletante entre ses mains, il ne craignait plus rien. La chaleur de sa femme était à jamais imprégnée dans ses mains, c’est comme si elle s’était blottie tout contre lui pour ne plus jamais s’éloigner, ne plus jamais lui échapper.
D’ailleurs, elle semblait enfin heureuse, son visage d’ange souriait, elle ne parlait plus, ne criait plus, ne se plaignait plus, il pouvait lui pardonner maintenant, les choses étaient rentrées dans l’ordre. Son cœur dans ses mains, un sourire bienveillant et aimant sur les lèvres.
Il ne restait plus que tout ce sang, que faisait donc tout ce sang sur lui, pourquoi tout collait, il fallait qu’il s’en débarrasse. Une fois qu’il aurait nettoyé cette crasse, cette souillure, le sang est toujours le résultat de la souillure, quand tout serait à nouveau propre, ils pourraient reprendre leur vie.
Quelle chance qu’il soit rentré plus tôt aujourd’hui, qu’elle aubaine qu’on lui ait donné son après-midi, il était rentré juste à temps pour remettre de l’ordre. Une fois qu’il aurait tout nettoyé, c’est lui qui lui ferait un bon diner, et peut-être même que ce soir ils feraient l’amour.
Demain matin, comme chaque matin, il la regardera prendre son café, le touiller indéfiniment, même si cela est inutile, elle ne prend jamais de sucre, elle se regardera, passera la main dans ses cheveux et sera heureuse de voir son reflet dans le miroir, maintenant qu’elle est réconcilié avec lui pour l’éternité, elle ira prendre sa douche, sortira avec sa serviette autours des hanches, s’habillera avec une jolie robe, se maquillera rapidement, car elle sera en retard comme tous les jours et déposera un baiser sur son front…
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